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Question d'actualité sur le plan autisme

Eric GOLD

M. le président. La parole est à M. Éric Gold, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)

M. Éric Gold. Monsieur le président, mes chers collègues, ce lundi 2 avril avait lieu la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. À cette occasion, le Gouvernement a annoncé vouloir mettre l'accent sur le diagnostic dans le cadre du quatrième plan Autisme.

En matière de diagnostic chez l'enfant, la France a fait beaucoup de chemin ces dernières années, mais on estime encore que seulement 10 % des personnes atteintes de troubles du spectre de l'autisme sont aujourd'hui diagnostiquées. Des efforts considérables restent donc à faire, à la fois chez l'enfant et chez l'adulte.

J'aimerais, pour ma part, vous interroger sur la place accordée, dans ce nouveau plan, à une recommandation de la Haute autorité de santé. Dans son avis rendu public le 19 février dernier, la HAS insiste sur l'importance d'associer les personnes autistes et leurs familles, à chaque étape de leur parcours, à la prise de décision et à la définition de leur projet personnalisé.

L'objectif est, bien sûr, le respect des droits des personnes, mais aussi une meilleure coordination entre leurs volontés, leurs capacités et la place que la société peut leur offrir. Car chaque personne est différente et l'on ne peut se satisfaire d'une solution appliquée à tous.

Le virage inclusif a permis d'ouvrir l'école aux enfants autistes et le monde du travail aux adultes. Il a également permis de démontrer que, en considérant chaque différence comme une chance, c'est la société dans son ensemble qui était gagnante.

Mais puisque l'étendue du spectre est immense, les solutions proposées doivent l'être aussi. Certains s'épanouissent en structure d'accueil spécialisée, tandis que d'autres travaillent en milieu ordinaire et font preuve de compétences que nous, neurotypiques, ne serons jamais en mesure d'acquérir.

Dans tous les cas, même lorsque les difficultés de communication sont un frein, nous devons être en mesure de comprendre et d'appréhender les besoins de chacun.

Monsieur le secrétaire d'État, pouvez-vous nous détailler les mesures prévues par le Gouvernement pour un plus grand respect des droits et des choix des personnes autistes ? (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et sur des travées du groupe socialiste et républicain. – Mme Catherine Troendlé applaudit également.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement.

M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Monsieur le sénateur, en cette semaine internationale de l'autisme, nous sommes totalement mobilisés pour faire mieux connaître à nos concitoyens ce handicap et ses causes, ainsi que les besoins des personnes concernées et de leurs familles.

Comme vous l'avez indiqué, chaque cas est unique et appelle des réponses très adaptées et bien différenciées. Le Président de la République, accompagné de Mmes Buzyn et Cluzel, se trouve actuellement au CHU de Rouen. Il y rencontre des familles, des enfants, des professionnels, des accompagnants afin de signifier la mobilisation de l'État au plus haut niveau. Comme vous le savez, le Président de la République a annoncé une stratégie pour l'autisme le 6 juillet dernier à l'Élysée. Elle sera présentée demain par le Premier ministre.

Les personnes concernées directement ou indirectement par l'autisme nous disent combien il est important que les alertes données par les parents soient prises au sérieux le plus en amont possible, afin que l'on puisse apporter la réponse la plus efficace et la plus personnalisée. Ils nous disent aussi que ce n'est sans doute pas un unique professionnel, mais plusieurs travaillant ensemble qui peuvent élaborer cette réponse.

Les ambitions sous-tendant la stratégie qui sera présentée demain par le Premier ministre sont claires. Il s'agit d'abord de donner enfin une place aux personnes autistes dans la cité. Vous l'avez dit, des progrès ont été réalisés à cet égard, mais d'autres doivent encore être faits, notamment à l'école, dans le monde du travail, dans les activités sociales et culturelles, en transformant en profondeur la manière de travailler des services, qu'ils soient sanitaires ou médicosociaux, afin qu'ils interviennent au bon moment, au bon endroit, auprès de la bonne personne.

Vous le voyez, le Gouvernement est pleinement mobilisé. Le Président de la République a profité de son déplacement aujourd'hui à Rouen pour annoncer la mobilisation de 340 millions d'euros sur les cinq prochaines années, au bénéfice notamment de la recherche, du dépistage et de la prise en charge de l'autisme.

Je sais, monsieur le sénateur, que ce combat sera partagé sur l'ensemble de ces travées, afin de construire une société réellement inclusive pour les personnes autistes. (Applaudissements sur les travées du groupe du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, ainsi que sur des travées du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains.)


Visualisez la vidéo sur le site du Sénat :

http://videos.senat.fr/senat/2018/04/encoder1_20180405144550_1_2488183_2746767.mp4
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