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Débat sur l'état du service public dans les transports en région Ile-de-France

Question d'Olivier Léonhardt dans le débat interactif

Olivier LEONHARDT

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Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Léonhardt, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

M. Olivier Léonhardt. Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, après la Seine-et-Marne, parlons de l'Essonne, dont les habitants considèrent que les transports en commun sont répartis de manière scandaleuse entre Paris et les départements de la grande couronne.

La grande couronne représente 4,5 millions d'habitants sur 12 millions de Franciliens. C'est bien plus que la somme totale des habitants de Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux, Lille et Rennes. Alors que les dix plus grandes villes de France comptent moins de 4,5 millions d'habitants, elles bénéficient quasiment toutes – fort heureusement, du reste – de réseaux denses de métro, trams, sites propres et bus.

Le super-métro automatique Grand Paris Express continuera à engloutir pendant encore de nombreuses années les investissements de notre région – mes propos ne plairont pas forcément à tous mes collègues de la région parisienne. Initialement estimé à 26 milliards d'euros, ce projet a été réévalué à environ 35 milliards d'euros voilà quelques semaines, mais nous savons tous qu'il dépassera les 40 milliards d'euros.

Pour autant, nous ne pouvons pas imaginer qu'aucune réalisation concrète n'ait lieu dans les dix ans. Il semble par ailleurs que des menaces pèsent sur la réalisation de certaines lignes desservant la grande couronne, notamment la ligne 18 qui traverse l'Essonne.

Nous concevons les transports de demain comme il y a trente ans, alors que des projets plus adaptés aux bassins de vie, plus efficaces et moins couteux, mais aussi plus rapides à créer – c'est très important – permettraient d'apporter des réponses à l'urgence des usagers au quotidien.

À titre d'exemple, dans le département de l'Essonne, des projets de téléphériques urbains entre les lignes C et D du RER ou à Paris-Saclay apporteraient des réponses efficaces aux déplacements en grande couronne dans l'attente de la très lente rénovation des RER, qui ne sera évidemment achevée que dans quinze ans.

Mme la présidente. Veuillez conclure, mon cher collègue !

M. Olivier Léonhardt. Je conclus, madame la présidente.

Il existe un grand nombre de projets de ce type en grande banlieue – bus, sites propres, tramways –, qui permettraient de répondre à l'urgence des transports du quotidien, que le Président de la République a déclarés prioritaires.

Madame la ministre, êtes-vous favorable à une remise à plat des grands projets d'investissements de transports dans notre région, seul moyen de réaliser plus de projets, plus rapidement, dans tous les territoires franciliens et avec des coûts moins importants ?

Mme la présidente. Mes chers collègues, les dernières questions posées ont largement dépassé les deux minutes prévues. Je vous invite par conséquent à mieux respecter les temps de parole, pour ne pas allonger fortement nos débats.

La parole est à Mme la ministre.

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le sénateur, je ne puis qu'être d'accord : il est nécessaire d'offrir des réponses à tous les territoires. Par nature, celles-ci ne peuvent être les mêmes selon que l'on est dans un territoire très dense, comme le cœur de l'agglomération parisienne, ou que l'on habite dans des villes moyennes ou dans des bourgs de la Seine-et-Marne, de l'Essonne ou des Yvelines.

L'enjeu – c'est vraiment le cœur du projet de loi d'orientation des mobilités – est donc bien de permettre aux autorités organisatrices de disposer de toute la palette des solutions, notamment de tirer parti de la révolution digitale, des nouvelles mobilités qu'elle rend possibles, de la fluidité qu'elle permet, dans des trajets qui associeront plusieurs réponses adaptées aux territoires, y compris le rabattement sur des lignes plus capacitaires.

Il s'agit bien de proposer dans tous les territoires des solutions de remplacement à « l'autosolisme », comme on dit, en particulier dans des départements comme l'Essonne. Avec la présidente d'Île-de-France Mobilités, j'ai eu l'occasion d'inaugurer une voie dédiée sur autoroute. Celle-ci est consacrée pour l'instant au transport par cars, mais elle pourra sans doute être ouverte aussi au covoiturage. Voilà une réponse rapide et efficace.

En Île-de-France, il faut particulièrement miser sur des infrastructures lourdes, car les besoins de transports très capacitaires sont les plus importants. Toutefois, il nous faut savoir aussi apporter des solutions rapides et efficaces pour l'ensemble de nos territoires et de nos concitoyens.

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