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Débat sur l'état du service public dans les transports en région Ile-de-France

Question d'Olivier Léonhardt dans le débat interactif

Olivier LEONHARDT

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Mme la présidente. La parole est à M. Olivier Léonhardt, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

M. Olivier Léonhardt. Je reprends la parole dans ce débat, car mes collègues ont considéré que le seul sénateur d'Île-de-France de notre groupe pouvait poser deux questions.

M. Jean-Claude Requier. Tout à fait !

M. Olivier Léonhardt. Comme je l'ai fait observer dans ma première question, si rien n'est fait, les inégalités en matière de transport entre Paris et la grande couronne continueront évidemment à progresser dans les prochaines années. Des gens vont continuer à subir les retards et suppressions de train, à perdre leur emploi et à voir leur vie familiale se dégrader.

Malheureusement, s'ajoute désormais au déséquilibre en matière d'investissements dans notre région une politique égoïste qui vise à exclure les voitures de Paris, sans augmenter simultanément et très sensiblement la qualité ou la quantité de l'offre de transports en commun pour les habitants de grande banlieue contraints de rejoindre la capitale pour des raisons professionnelles.

C'est assez paradoxal alors que les recensements réalisés par l'INSEE entre 2010 et 2015 font apparaître une baisse de la population dans Paris et une hausse sensible de la population dans les départements de grande couronne, en particulier dans l'Essonne et en Seine-et-Marne…

Est-il nécessaire de préciser que personne ne souhaite voir augmenter la pollution dans notre région ? Aussi, pourquoi certains feraient-ils semblant de croire que la pollution s'arrêterait aux limites du périphérique ? Certains pensent-ils que les embouteillages et la pollution sont plus dangereux pour les habitants de Paris que pour ceux de la banlieue ?

Le meilleur moyen d'éviter les embouteillages et la pollution, c'est d'investir massivement pour l'amélioration des transports en grande couronne. Il est inacceptable que les recettes issues de la taxe du Grand Paris, payée par tous les contribuables de la région, bénéficient quasi exclusivement à la zone dense. On peut aussi s'interroger sur les recettes issues des vignettes récemment mises en place pour accéder à la capitale.

Madame la ministre, êtes-vous favorable à un rééquilibrage significatif des investissements au niveau régional pour permettre la création, l'entretien, la modernisation et la transformation des réseaux de transports en grande couronne ?

M. Jean-Claude Requier. Très bien !

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre.

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le sénateur, je pense que l'on ne peut pas opposer la grande couronne et la zone agglomérée ; on doit viser à réaliser les investissements qui permettront aux réseaux desservant aujourd'hui la grande couronne – essentiellement celui de SNCF Réseau – de fonctionner mieux et de façon plus fiable.

On doit aussi s'assurer que les investissements, notamment ceux du Grand Paris Express, bénéficient à l'ensemble des territoires, et pas uniquement à ceux qui sont traversés par l'infrastructure.

Je suis convaincue que tel est bien l'objectif d'Île-de-France Mobilités : organiser la mobilité autour de ces infrastructures pour qu'elles bénéficient à l'ensemble des territoires d'Île-de-France.

M. Vincent Éblé. Pas du tout !

Mme Élisabeth Borne, ministre. Je sais qu'Île-de-France Mobilités et les présidents des conseils départementaux ont beaucoup d'idées sur les solutions de mobilité qui peuvent être mises en œuvre dans ces territoires : transport à la demande, covoiturage, entre autres.

On doit aussi pouvoir améliorer sensiblement les conditions de déplacement en provenance de la grande couronne, comme on doit chercher à le faire ailleurs. De fait, les Assises nationales de la mobilité ont montré que les problèmes de congestion, qui étaient l'apanage de la région d'Île-de-France, sont en train de se développer dans toutes nos grandes métropoles.

Il faut donc s'efforcer d'apporter des réponses rapides, les plus rapides que l'on puisse imaginer consistant à soutenir massivement le covoiturage et les voies dédiées – des réponses ne supposant pas d'investissements lourds. Si l'on met deux personnes par voiture au lieu d'une – ou de 1,1, comme on le constate aujourd'hui –, on aura deux fois moins de voitures ; si l'on arrive à en mettre trois, ce sera encore mieux…

La loi d'orientation des mobilités aura aussi pour ambition de permettre de telles réponses rapides, qui améliorent les mobilités de nos concitoyens sans passer par des projets d'infrastructure lourds.

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