Accueil » Débat sur la situation des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

Débats

  • Les débats

LE TRAVAIL PARLEMENTAIRE DU RDSE<<< Revenir à la liste

Les débats

Débat sur la situation des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes

Question d'Olivier Léonhardt

Olivier LEONHARDT

M. le président. La parole est à M. Olivier Léonhardt.

M. Olivier Léonhardt. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, les choix que nous devons faire collectivement pour préparer au mieux l'importante transition démographique que représente le vieillissement de la population nous obligent tous.

Le récent et inédit mouvement social dans les EHPAD a fort heureusement placé ce sujet au cœur de l'actualité. Il fut d'abord question de dignité pour les résidents et de conditions de travail pour les 320 000 agents, les « hussards blancs, les invisibles de la solidarité », pour reprendre l'expression de mon ami Jérôme Guedj, ancien président de mon département de l'Essonne et spécialiste reconnu de ce sujet. Je veux rendre hommage, pour leur dévouement quotidien, à ces personnels soignants ou non soignants qui interviennent chaque jour auprès de plus de 700 000 personnes âgées.

Vous avez indiqué, madame la ministre, ne pas vouloir satisfaire la revendication « 1 personnel pour 1 résident ». Cependant, ne pourriez-vous pas ouvrir une perspective, un pacte que la société passerait avec nos aînés afin de renforcer la présence et les moyens humains dans nos EHPAD, pour être en phase avec les besoins des nouveaux arrivants qui requièrent, encore davantage que dans le passé, une présence renforcée ?

La mobilisation des professionnels et le soutien qu'elle a recueilli n'était pas une revendication corporatiste, mais le réveil d'une société qui s'interroge sur les moyens qu'elle décide de consacrer à ses aînés et donc, in fine à chacun d'entre nous.

C'était aussi, d'une certaine manière, un formidable plaidoyer pour que notre société s'adapte au vieillissement, pas uniquement dans les EHPAD mais aussi à domicile, en faisant évoluer l'offre de logement, l'offre de transports, l'aménagement des villes, l'accès aux sports et à la culture... bref, en demandant à la société de s'adapter à ses aînés, et non l'inverse.

Madame la ministre, comment envisagez-vous de corriger les imperfections et d'amplifier le mouvement engagé en 2015 avec le vote de la loi dite ASV, mais insuffisamment porté au niveau interministériel et trop peu mobilisateur pour toute la société ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Léonhardt, pour répondre à votre dernière question, nous souhaitons, comme je l'ai dit dans mon intervention liminaire, ouvrir le dossier de l'accompagnement de nos aînés et du vieillissement de la population. Il s'agira en effet d'un phénomène auquel nos systèmes de financement et le regard de la société ne sont pas préparés.

Notre société n'est pas inclusive pour les personnes âgées dépendantes. Or, je le rappelle, nous serons plus de 5 millions de personnes âgées de plus de 85 ans en 2050. Nous devons dès maintenant préparer cet avenir, en proposant un modèle de prise en charge beaucoup plus proche des besoins des personnes. Aujourd'hui, elles n'ont le choix qu'entre leur domicile et l'EHPAD. Il faut proposer une offre beaucoup plus diverse, de façon à les accompagner progressivement vers la dépendance, et surtout leur permettre de privilégier le plus longtemps possible le maintien à domicile, ou en tout cas dans un lieu de résidence qu'elles auront choisi, ce qui est rarement le cas de l'EHPAD.

S'agissant du taux d'encadrement dans les EHPAD, celui-ci s'accroît : il a augmenté de 11 % en six ans. Chaque année, ce taux est en hausse, mais il est éminemment variable en fonction de l'état de dépendance des personnes. S'il est de 57 % pour la moyenne des établissements d'hébergement pour personnes âgées, il est ainsi de 38 % dans les EHPA, c'est-à-dire les établissements d'hébergement hors EHPAD, de 63 % dans les EHPAD, et de 103 % dans les unités de soins de longue durée, les USLD.

Vous le voyez, le taux d'encadrement est donc d'ores et déjà adapté au niveau de dépendance. Nous allons continuer, dans les années qui viennent, à augmenter le nombre de personnes présentes au chevet de nos personnes âgées, tout en réfléchissant à un modèle de société qui permette une société plus inclusive et le maintien à domicile si nécessaire.

<<< Revenir à la liste