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Discussions générales

Projet de loi de finances rectificative pour 2011

Intervention de François Fortassin

M. le président. La parole est à M. François Fortassin.

M. François Fortassin. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, avant de vous entretenir du présent projet de loi de finances rectificative, je voudrais faire aimablement remarquer à notre collègue Francis Delattre que son propos aux intonations gaulliennes, à moins que ce ne soit des fulgurances du général Boulanger, (Rires et applaudissements sur de nombreuses travées du RDSE, ainsi que sur les travées du groupe socialiste-EELV.)...

M. Jean Besson. Excellent !

M. Philippe Marini, président de la commission des finances. Attendez, il n'a encore rien dit !

M. François Fortassin. ... réserve un peu trop facilement le privilège de la vérité à la droite, et le mensonge, l'hypocrisie, la confusion et l'utopie - j'en passe et des meilleurs ! - à la gauche ! (Bravo ! et applaudissements sur les mêmes travées.)

Son propos est d'autant plus étonnant que Mme Pécresse a utilisé à plusieurs reprises, au cours de son intervention, le mot « équité ». Nous sommes tous, bien entendu, favorables à l'équité.

Mme Nicole Bricq, rapporteure générale de la commission des finances. Non, à l'égalité !

M. François Fortassin. Or le quinquennat de Nicolas Sarkozy a surtout été marqué par... le manque d'équité, flagrant pendant dix ans. (Protestations sur les travées de l'UMP.)

M. Philippe Marini, président de la commission des finances. Il n'est là que depuis quatre ans et demi !

M. François Fortassin. Il a poursuivi les politiques menées avant lui.

M. Vincent Eblé, rapporteur pour avis. Et avant, où était-il ?

M. Philippe Marini, président de la commission des finances. Nous sommes d'accord pour qu'il reste cinq ans de plus !

M. François Fortassin. Monsieur le président de la commission des finances, l'UMP était déjà au pouvoir avant 2007 !

Mme Marie-Hélène Des Esgaulx. Il y a quand même eu une rupture !

M. François Fortassin. On ne s'en était pas vraiment aperçu, sinon sur le plan culinaire, où une sorte de brouet a remplacé la tête de veau ! (Sourires.)

L'absence d'équité, en tout cas, a particulièrement marqué ces cinq dernières années et nos compatriotes n'acceptent pas que l'éventail des revenus, au lieu de se réduire, comme cela devrait être le cas dans une véritable démocratie, s'élargisse.

M. Philippe Marini, président de la commission des finances. Moins qu'ailleurs !

M. François Fortassin. Mais suffit-il à nous satisfaire, monsieur le président Marini ? On trouvera toujours, en Asie du Sud-est, par exemple, des travailleurs qui acceptent des salaires horaires inférieurs à ceux de la France.

M. Roland Courteau. Eh oui !

M. François Fortassin. Les pays concernés doivent-ils pour autant être considérés comme des modèles ?

M. Francis Delattre. Des modèles, non, mais des contraintes, oui !

M. François Fortassin. À cette heure, je ne m'étendrai pas plus sur ce sujet, d'autant que d'autres en ont parlé avant moi.

Pour ma part, sans négliger la nécessité de rétablir des comptes publics solides dans notre pays, je veux souligner l'importance qu'il y a, en matière économique, à redonner confiance.

Car, malheureusement, nous n'avons plus la confiance des investisseurs. Le Japon, bien qu'écrasé par une dette abyssale, a une économie toujours solide parce que le peuple japonais a confiance en son gouvernement.

Les 10 % qui séparent une économie en relativement bonne santé d'une économie qui connaît une grave récession s'expliquent bien souvent par la confiance.

Nous nous emploierons donc à restaurer la confiance que vous avez dilapidée, car tel est l'héritage que vous allez nous laisser. (Bravo ! et applaudissements sur de nombreuses travées du RDSE, ainsi que sur les travées du groupe socialiste-EELV et du groupe CRC.)

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