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Discussions générales

Proposition de loi pour le développement des sociétés publiques locales _ Texte n° 253 (2008-2009)

Intervention de madame Anne-Marie Escoffier _ Deuxième lecture

M. le président. La parole est à Mme Anne-Marie Escoffier.

Mme Anne-Marie Escoffier. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, ma tâche est malaisée ou, à l'inverse, trop aisée, qui consiste à intervenir après l'excellent rapport de mon collègue Jacques Mézard et les interventions concordantes des différents orateurs, sans avoir rien à ajouter qui soit pertinent. (M. Daniel Raoul applaudit.)

Rappeler les conditions de dépôt et d'examen de cette proposition de loi dans les deux assemblées ne présente que peu d'intérêt, sauf à relever le délai raisonnable qui a séparé la première adoption du texte, à l'unanimité, par notre Haute Assemblée, le 4 juin 2009, de sa discussion aujourd'hui en deuxième lecture.

Il me semble plus important de souligner la bonne complémentarité entre nos deux assemblées qui, en parfait accord avec le Gouvernement, se sont attachées à répondre efficacement à l'attente des collectivités locales pour améliorer l'efficience de leur gestion.

Le texte qu'il nous est donc proposé d'adopter, enrichi par les apports des uns et des autres, est un texte d'équilibre qui sécurise pleinement, et c'est ce que je voudrais développer, le statut de la société publique locale.

Il garantit la compatibilité parfaite des sociétés publiques locales avec la définition du régime du in house, c'est-à-dire des prestations intégrées, bâti par la jurisprudence européenne. Il prévoit en effet, d'une part, que les SPL exercent leur activité exclusivement pour le compte de leurs actionnaires et sur leur seul territoire, et, d'autre part, que la composition de leur capital est limitée aux seules collectivités locales et à leurs groupements.

Leur champ d'intervention, comme celui des sociétés d'économie mixte, est clairement défini par référence aux compétences des collectivités locales : les missions de service public à caractère industriel ou commercial et les activités d'intérêt général.

Créées sous forme de société anonyme, ce qui écarte pour elles la possibilité de se constituer en société par actions simplifiée, les SPL comptent au moins deux actionnaires pour éviter toutes les tentations de dérive que l'on aurait pu connaître avec un seul actionnaire.

Il s'agit-là d'une solide garantie pour les collectivités elles-mêmes, et pour leurs groupements, une forme d'autoprotection comparable à celle dont elles bénéficient d'ailleurs avec la nouvelle obligation qui est faite pour l'assemblée délibérante de se prononcer sur le principe de toute délégation de service public à une SPL.

Il convient d'ajouter que, comme le Gouvernement s'y est engagé, les SPL constituent un outil juridique, mis à la disposition des collectivités territoriales, qui n'emporte aucune incidence financière en termes de recettes et de dépenses, ni pour les collectivités elles-mêmes ni pour l'État.

Par ailleurs, la proposition de loi conforte la place et le rôle des sociétés publiques locales d'aménagement, initialement créées à titre expérimental. Fortes de leur succès mais, cela a été rappelé, contraintes par le nombre minimal de sept actionnaires qui était souvent difficile à atteindre, leur statut sera désormais calqué sur celui des SPL. Elles verront ainsi leurs prérogatives notablement élargies pour réaliser toutes opérations d'aménagement, au sens du code de l'urbanisme. Elles peuvent désormais, en particulier, par délégation de leurs titulaires, exercer le droit de préemption et de priorité, et recourir à l'expropriation.

Au total, ce texte, en l'état, répond pleinement aux besoins des collectivités locales qui, de façon unanime, soulignaient jusqu'à présent les lourdeurs et les contraintes des procédures des marchés publics dans des situations qui ne justifiaient pas pareil appel à concurrence.

Ce nouveau dispositif, considérablement renforcé dans sa sécurité juridique, ne peut que rassurer les institutions ou les organismes qui, au départ, voyaient dans son adoption une concurrence peut-être injuste et inéquitable.

Il a en outre un avantage dont on n'a peut-être pas suffisamment mesuré la portée : aux réformes successives des collectivités locales qui sont venues troubler le paysage administratif, à celles qui ne manqueront pas d'intervenir dans quelques mois, il est important d'apporter quelques éléments structurants. Chacun s'accorde à reconnaître l'absolue nécessité d'apporter cohérence et rationalisation dans la gestion locale. Les SPL sont l'outil juridique pleinement approprié pour faciliter la mutualisation indispensable à cette cohérence et à cette modernisation.

Pour toutes ces raisons, le groupe du RDSE suivra les conclusions de notre excellent rapporteur. (Applaudissements sur les travées du RDSE, ainsi que sur plusieurs travées du groupe socialiste et de l'UMP.)

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