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Discussions générales

Proposition de résolution relative à la filière industrielle nucléaire française

Intervention de monsieur Jacques Mézard

Jacques MEZARD

Mme la présidente. La parole est à M. Jacques Mézard.

M. Jacques Mézard. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, notre groupe, avec ses diverses sensibilités, considère depuis fort longtemps que le développement de la filière nucléaire industrielle française constitue une orientation très positive de la politique énergétique de notre pays, quels que soient les Présidents et les gouvernements qui se sont succédé. Je relève d'ailleurs que, dans l'exposé des motifs de la proposition de résolution, un hommage est rendu au général de Gaulle et à François Mitterrand.

Le développement de la filière nucléaire a eu des conséquences importantes pour l'indépendance de notre pays en matière de production d'électricité, le coût de cette dernière, l'emploi industriel, la recherche fondamentale... Ainsi, le récent rapport de la Cour des comptes sur la filière nucléaire souligne que, en France, le prix de production de l'électricité est de 49,5 euros par mégawattheure et que son prix à la consommation est de 40 % inférieur à la moyenne européenne.

M. Jean Bizet. C'est exact !

M. Jacques Mézard. On constate que les admirateurs de l'Allemagne ne sont pas les mêmes selon les sujets...

Considérer qu'il conviendrait de sortir du nucléaire par une décision brutale et que toute la planète en ferait autant n'est, selon nous, ni raisonnable ni réaliste.

M. Jean Bizet. Très juste !

M. Jacques Mézard. N'oublions pas l'avance perdue en matière de surrégénération ! N'éliminons aucune piste de recherche, s'agissant en particulier des centrales au thorium ou du générateur de quatrième génération - 650 millions d'euros ont d'ailleurs déjà été investis pour le démonstrateur Astrid -, qui représentent très vraisemblablement des voies en vue de régler, au moins en partie, la question des déchets produits par les centrales actuelles.

M. Gilbert Barbier. Tout à fait !

M. Jacques Mézard. Cela n'exclut aucunement à nos yeux, bien au contraire, le développement d'un mix énergétique. Celui-ci est indispensable, à moins de faire le choix idéologique d'une politique de décroissance, qu'il faut alors assumer.

Bien sûr, le choix de l'énergie nucléaire impose que l'on renforce toujours davantage la sécurité, sans aucune concession et dans une totale transparence, ce qui n'a pas toujours été le cas ! Or, le manque de transparence permet malheureusement à certains de spéculer politiquement sur la peur de nos concitoyens, dans ce domaine comme dans d'autres, tels que le traitement des déchets ménagers, la nutrition, les OGM, et j'en passe...

M. Ronan Dantec. Amalgame !

M. Jacques Mézard. Cela est si vrai que nombre d'associations prétendant vouloir protéger l'environnement luttent contre l'implantation d'éoliennes et de parcs photovoltaïques ! Combien d'années de procédure seraient aujourd'hui nécessaires avant de pouvoir construire des barrages hydroélectriques ?

Cela étant, et soit dit en respectant démocratiquement les choix de stratégie des différents groupes, nous ne sommes pas davantage dupes des intentions des auteurs de la proposition de résolution que, voilà quelques jours, nous ne l'avons été de celles des promoteurs de la proposition de loi pénalisant la négation des génocides. Il est des questions qui justifient un large rassemblement, au-delà des clivages traditionnels. Celle de l'avenir de la filière nucléaire en est une ; elle mérite mieux qu'une manœuvre préélectorale.

En conséquence, la majorité de notre groupe ne prendra pas part au vote, tandis que certains d'entre nous voteront en faveur de l'adoption de cette proposition de résolution. (Applaudissements sur diverses travées.)

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