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Questions d'actualité

Question d'actualité sur les frais d'inscription à l'université

Question d'eric Gold à Frédérique Vidal, Ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

Eric GOLD

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M. le président. La parole est à M. Éric Gold, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)

M. Éric Gold. Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Elle reprend pour partie une question qui a déjà été posée.

Madame la ministre, le 10 décembre, alors que plusieurs facultés étaient bloquées et que des étudiants rejoignaient les manifestations lycéennes, la Conférence des présidents d’université a publié un communiqué, demandant au Gouvernement de suspendre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens et de mettre en place un groupe de travail sur le sujet.

Ce communiqué fait suite à l’annonce, par le Premier ministre, du plan Bienvenue en France, qui vise à conforter l’attractivité de la France dans le domaine universitaire. Je m’associe pleinement à votre ambition d’accueillir plus d’étudiants étrangers pour demeurer au rang des premières nations en matière de mobilité étudiante.

Toutefois, cet objectif peut sembler contradictoire avec l’augmentation subite des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires, qui interviendra dès la rentrée 2019. Pour les étudiants de licence, c’est 2 600 euros de plus à débourser et euros pour les étudiants de master et de doctorat, environ 3 500. Si certains pourront faire face, d’autres devront nécessairement renoncer à leur projet.

À l’Université Clermont-Auvergne, plus de 5 000 étudiants étrangers sont accueillis chaque année. Ils participent à la renommée et à l’excellence de ce site, ainsi qu’à celles de l’ensemble des universités françaises. Cette dynamique est par ailleurs une chance et représente beaucoup pour de nombreux territoires, qui s’inquiètent des conséquences possibles d’une telle mesure.

Vous avez annoncé vouloir tripler le nombre de bourses, mais elles ne pourront pas permettre d’accueillir tous les étudiants modestes, notamment ceux qui viennent d’Afrique. Ce sont ainsi les intellectuels, les ingénieurs et les cadres de demain que nous laissons partir.

M. Jean-Marc Todeschini. Exactement !

M. Éric Gold. Ils étaient déjà 80 000 Africains à étudier en Chine cette année, où ils bénéficient de la scolarisation et du logement gratuits, ainsi que d’une bourse mensuelle de 400 euros. Cette relation privilégiée avec un continent à la dynamique puissante, relation construite du fait de notre histoire et de notre langue, doit absolument être préservée malgré des impératifs économiques que nous comprenons bien.

M. le président. Il faut conclure.

M. Éric Gold. Madame la ministre, je souhaite que vous nous expliquiez à nouveau vos arguments afin que nous comprenions mieux cette augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires. (Applaudissements sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. – M. Simon Sutour applaudit également.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Monsieur le président, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Gold, le premier objectif de ce plan Bienvenue en France est de doubler le nombre d’étudiants internationaux que nous serons en capacité d’accueillir et de les accueillir de manière réaliste.

Tout ce que vous venez de rappeler s’appliquera à l’ensemble des étudiants, ceux qui sont déjà présents sur le territoire, qui sont en train d’étudier et pour lesquels, bien sûr, les droits d’inscription ne sont pas modifiés, mais aussi ceux qui seront exonérés des nouveaux droits. De ce point de vue, j’ai rappelé à la Conférence des présidents d’université que seuls les conseils d’administration des universités avaient le pouvoir d’exonérer les étudiants internationaux.

Il est très important de construire cette stratégie d’accueil et d’attractivité. C’est pourquoi nous avons aussi travaillé à la mise en place d’un label correspondant à cette qualité d’accueil, label pour lequel plus de soixante-dix établissements se sont déjà positionnés.

Vous mentionnez le fait que 80 000 étudiants africains sont d’ores et déjà en train d’étudier en Chine. Ils sont en fait beaucoup plus nombreux que cela, mais 80 000 d’entre eux sont effectivement exonérés des droits d’inscription des universités chinoises, qui s’échelonnent entre 1 800 et 4 500 euros par an.

Notre politique est de tripler le nombre des bourses de façon à pouvoir accueillir les étudiants internationaux. Le triplement des bourses et les étudiants d’ores et déjà exonérés dans le cadre de conventions représentent environ 40 000 personnes, ce qui, vous en conviendrez vu la taille de la France par rapport à celle de la Chine, nous place quand même dans une situation tout à fait positive. (M. Alain Richard, ainsi que Mmes Sylvie Goy-Chavent et Sonia de la Provôté applaudissent.)

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