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Questions d'actualité

Question d'actualité sur le plan social chez Conforama

Question d'Olivier Léonhardt à Bruno Lemaire, Ministre de l'Economie et des Finances

Olivier LEONHARDT

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M. le président. La parole est à M. Olivier Léonhardt, pour le groupe du Rassemblement démocratique et social européen. (M. Jean-Claude Requier applaudit.)

M. Olivier Léonhardt. Ma question s'adresse à Mme la ministre du travail et concerne le plan de restructuration de l'enseigne Conforama. J'y associe Mme Jouve et MM. Guérini et Corbisez, collègues de mon groupe eux aussi concernés, comme beaucoup d'autres, par l'une des 32 fermetures de magasin annoncées.

Ces fermetures entraîneront un plan social d'une ampleur inégalée depuis de très nombreuses années, avec 1 900 licenciements. La déflagration sociale sera énorme dans les territoires, notamment dans mon département de l'Essonne, à Fleury-Mérogis, où j'ai rencontré il y a quelques jours, en présence de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, des salariés qui, pour certains, ont jusqu'à trente ans d'ancienneté dans le groupe.

Au demeurant, je trouve totalement indécent que le licenciement de 1 900 personnes soit à peine relaté dans la presse nationale, quand on voit ce qui a occupé les flashs des chaînes d'information en continu ces derniers jours.

Madame la ministre, les salariés craignent un plan de démantèlement caché qui suivrait le plan de restructuration. Le PDG de Conforama s'est engagé le 14 juillet, par voie de presse, à ne pas démanteler l'entreprise, qualifiant ce scénario de « fantasme intégral ». Or, dès le lendemain, nous apprenions que le démantèlement avait déjà commencé, avec la vente des bijoux de famille, comme l'on dit : les filiales espagnole et portugaise, aujourd'hui rentables et qui auraient permis de maintenir l'activité hexagonale, mais dont le produit de la vente ne sera pas alloué à la procédure ni aux salariés touchés.

Par ailleurs, l'entreprise a perçu pour plus de 50 millions d'euros de CICE. À ce titre, l'État doit exiger que l'entreprise rende des comptes.

Madame la ministre, quelles mesures envisagez-vous de prendre pour empêcher le démantèlement de l'entreprise, sanctionner les créanciers et les fonds d'investissement vautours et, évidemment, préserver le plus grand nombre possible d'emplois face à cette tragédie sociale ? (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, ainsi que sur des travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires. – MM. Martial Bourquin et Jean-Pierre Sueur applaudissent également.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre du travail.

Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail. Monsieur le sénateur Léonhardt, le groupe Conforama est confronté à des difficultés importantes, qui se sont accrues à partir du mois de décembre 2017, à la suite, déjà, de malversations de son actionnaire, le groupe sud-africain Steinhoff.

Au-delà de ces difficultés actionnariales, Conforama fait face, comme tous les acteurs de la distribution, à l'évolution très rapide des modes de consommation et à la concurrence croissante des acteurs de l'économie numérique, sur un marché du meuble qui s'est révélé particulièrement difficile en 2018.

C'est dans ce contexte que la direction de Conforama a annoncé un plan de restructuration très important, comprenant notamment la fermeture de 32 magasins Conforama et de 10 magasins Maison Dépôt.

Je comprends l'angoisse et la colère des salariés face à ces annonces. Bruno Le Maire et moi-même sommes très fermes : il est indispensable que le dialogue puisse avoir lieu, et que les représentants du personnel obtiennent rapidement les réponses attendues sur la stratégie du groupe.

Alors que ce groupe compte plus de 14 000 salariés, dont 9 000 en France, l'urgence est d'assurer la pérennité de l'entreprise et de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois. C'est pourquoi j'appelle la direction comme les organisations syndicales à poursuivre le dialogue, qui doit être transparent et loyal.

Bruno Le Maire et moi-même serons particulièrement attentifs aux conditions de mise en œuvre de la restructuration engagée par le groupe, qui doit donner à l'entreprise toutes ses chances de rebondir. Avec mes services, je serai particulièrement vigilante sur les mesures de reclassement et d'accompagnement prises par le groupe. Je pense que les parlementaires seront avec nous sur ce sujet essentiel. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)

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